Chapitre 5 · ~6 min
Le Feu Aveugle
Ils sont arrivés à l'aube. Les villageois se sont réveillés avec trois cents Brasiers à leurs portes. Armés. En formation de combat. "Que se passe-t-il ?" a demandé l'ancien du village. Kael-Vor n'a pas répondu. Il a levé la main. Et le feu est tombé.
Pas d'avertissement. Pas de négociation. Pas de chance de s'expliquer. Les maisons ont brûlé. Les granges ont brûlé. Les gens... Certains ont essayé de fuir. Les Brasiers les ont rattrapés. "Des Effacés qui se cachent", disaient-ils. D'autres ont supplié. "Nous sommes innocents !" "Des mensonges d'Effacés", répondaient les Brasiers. Le feu ne doute pas. Le feu ne fait pas de distinction.

Ça a duré deux heures. Deux heures de flammes et de cris. Deux heures d'horreur absolue. Quand c'était fini, Valtris n'existait plus. Quatre cent douze âmes. Hommes. Femmes. Enfants. Fermiers. Artisans. Innocents. Tous.
Kael-Vor a contemplé les cendres. "C'est fait", a-t-il dit. "Les Effacés sont purifiés." Et puis un jeune Brasier a posé la question. "Mon Pyrarque... où sont les corps des Effacés ? Ils ne laissent pas de cendres, normalement. Ils... disparaissent." Silence. Dans les ruines fumantes de Valtris, il n'y avait que des cendres humaines. Pas un seul signe d'Effacé. Pas un seul.